Groupes d'AMICO
La publication en 1998 des "groupes de risque" par A. V. d'AMICO (radio-oncologie, HARVARD MEDICAL SCHOOL, Boston) a tenté de différencier les groupes de risque évolutif des Ca-P en combinant ses principales caractéristiques :
- le stade clinique évalué par le TR;
- le dosage de l'antigène prostatique : PSA Total
- les données de l'histopathologie : score de GLEASON (G).
Toujours d'actualité, ces groupes ont été confirmés lors du Congrès de l'AUA en 2007; même si depuis leur origine d'autres éléments sont venus étayer l'évolutivité de la maladie, notamment la vélocité du PSA.
Pour notre part ces dernières années (2004 - 2010), nous avons essayé d'apprécier ces groupes à titre prospectif :
- D'abord en fonction du bilan initial : TR, PSA, BP (cT);
- Puis après les données de l'imagerie IRM (iT);
- Enfin, chez les patients opérés (pT) après stadification réelle de la maladie par une histopathologie complète.

Dans notre série "chronologique", arbitraire mais instructive, de 492 patients porteurs de Ca-P :
- Au stade clinique, 229 correspondent au groupe pronostic favorable : 46,54% des patients.
- Après IRM, sans les T3, nous en retrouvons 202 : 41,05% des patients.
- Sur ces 202 patients, en raisons d'âge, de facteurs de co-morbidité, ou parfois selon leur souhait, 77 sont orientés vers une irradiation.
- Sur les 125 opérés, 64 (soit 51,2% des opérés ou 13% des patients pris en charge) sont de "pronostic favorable" au sens strict de l'anatomie; mais seulement 49 (soit 39,2% des opérés ou 10% des patients pris en charge) sans les lésions "limites".
- En ajoutant les 77 patients non opérés aux 64 à "pronostic favorable" (ce qui est statistiquement improbable), le groupe à "Pronostic favorable" n'atteint que 28,7% (141 / 492) des patients pris en charge durant 6 années (2004 - 2010). Donc un taux de diagnostic précoce du Ca-P "à pronostic favorable" inférieur à 30% des patients rencontrés porteurs d'un Ca-P, malgré notre engagement vis-à-vis des patients et des médecins.
Ces chiffres peuvent évidemment alimenter les commentaires. Ils sont pour nous purement informatifs.
Nous entendons parler de sur-diagnostic, ou nous croyons déceler un diagnostic trop souvent tardif ... (un sous-diagnostic ?).
Si des médecins ont tant de difficultés à apprécier le stade réel du Ca-P, imaginez le trouble et la difficulté du patient à l'annonce de sa maladie; et ses interrogations !
Un discours simple pour une bonne compréhension
Lors du diagnostic, nous tentons de guider le patient :
- Depuis l'étape clinique lors de la consultation d'annonce;
- Après le bilan "complémentaire" : en particulier l'IRM;
- Mais surtout, si un geste chirurgical est envisagé, nous essayons de lui faire intégrer la notion de traitements associés ou successifs.
Aussi sur la base de notre expérience, nous avons constitué la fiche "signalétique" de la maladie au fur et à mesure de ses étapes; en faisant succéder notre approche clinique, radiologique, et en parallèle thérapeutique de la lésion :
- Lors de la consultation d'annonce (étape "clinique" après biopsies (stade cT), remise de la fiche "signalétique" au patient candidat à la prostatectomie;
- Surlignage de la fiche lors de la consultation de synthèse après le bilan radiologique, notamment l'IRM (stade iT);
- Surlignage de la fiche lors de l'hospitalisation après le résultat histopathologique de la pièce opératoire de prostatectomie (stade pT), en précisant alors au patient son suivi thérapeutique éventuel.
Bien que schématiques et incomplètes, ces données permettent au patient de "visualiser" la démarche "médicale".
